Des précisions sur la reprise de l'école (échange téléphonique avec Mme Fortun)




Compte rendu de l’échange téléphonique entre Madame FORTUN, directrice de l’école Mutualité et Olivier CAMACHO (représentant parent d'élève).
Le 4 avril 2020



Contexte : cet échange fait suite au courrier adressé par les représentants de parents d’élèves à Madame FORTUN, à l’Inspecteur de l’Education Nationale et à Madame HAKEM le samedi 2 mai.

À propos de l’absence de réponse aux questions adressées à Madame FORTUN mardi 27 avril.
Les conditions de retour des élèves dans les écoles à partir du 11 mai ont fait l’objet de nombreuses annonces contradictoires de la part du gouvernement et les directeurs d’écoles n’ont pas eu de consignes claires avant mardi dernier. L’inspecteur avait préconisé aux directeurs d’écoles d’attendre de connaître le protocole d’accueil avant de prendre contact avec les représentants de parents. Le gouvernement a publié un protocole provisoire jeudi dernier (et le protocole définitif dimanche dans la journée). Les enseignants ont tenu un conseil des maîtres jeudi soir et ont adressé le mail aux parents dès la fin de ce conseil car l’inspecteur avait demandé aux directeurs de pouvoir lui adresser une prévision des effectifs dès lundi 4 mai. Pour ces raisons, Madame FORTUN, qui était par ailleurs très occupée par l’organisation de l’accueil des enfants de soignants dans plusieurs écoles et par son organisation familiale, n’a pas pu nous contacter. Elle nous prie de bien vouloir l’excuser.

Sur la forme du mail adressé aux parents jeudi soir
Madame FORTUN et les enseignants ont rédigé le mail adressé aux parents lors de la réunion. Ils se sont questionnés sur ce qu’ils devaient dire aux parents : leur demander simplement ce qu’ils comptaient faire ou donner des éléments de contexte sur la reprise ? Madame FORTUN souhaitait que les parents comprennent qu’il ne s’agissait plus de l’école d’avant, mais plus vraisemblablement d’une garderie d’enfants qui durera jusqu’à la fin mai au moins, avec des conditions d’accueil et de respect des gestes barrières très stricts. D’autre part il est très probable que cet accueil ne pourra se faire qu’à temps partiel si le nombre d’enfants est trop élevé. J’ai expliqué que ce mail avait eu un caractère anxiogène et perturbant pour les parents et qu’il leur était difficile de se prononcer à partir des éléments qu’il contient. Une mise en contexte aurait été utile (pourquoi le demander maintenant, si vite et indiquer qu’il restait de nombreux points à régler pour accueillir les enfants). Madame FORTUN reconnaît une forme maladroite, pense qu’elle aurait dû l’écrire le lendemain à tête reposée. 

Que sait-on aujourd’hui sur l’organisation de la reprise à Nantes ?
La reprise de l’école mobilise trois catégories d’acteurs : les enseignants, la mairie et l’association Léo Lagrange. Dans un premier temps, les enseignants doivent connaître le nombre potentiel d’élèves à accueillir. Les directeurs, avec l’aide de la municipalité, doivent ensuite vérifier que l’école remplit les conditions d’accueil (présence de lavabos et de sanitaires en quantité suffisante, espace dans les classes, présence de couloirs étroits). La mairie doit ensuite indiquer si elle dispose de personnel suffisant pour le nettoyage et la désinfection des locaux. De même, l’association Léo Lagrange doit indiquer s’il y a suffisamment de personnel pour l’accueil du midi. En fonction de ces paramètres, Madame FORTUN soumettra aux différents acteurs (parmi lesquelles les représentants de parents d’élèves) un projet d’organisation de la reprise.

Que sait-on aujourd’hui sur l’organisation de la reprise à la Mutualité ?
Dans l’école de la Mutualité, il n’y a pas de couloirs étroits, donc pas de croisement d’élèves à éviter (à l’exception des trois classes de CM à l’étage, mais la classe du milieu sera fermée). Il y a également suffisamment de lavabos pour se laver les mains. En revanche, la disposition des sanitaires pose problème car l’accès est une porte étroite. Les élèves ne pourront donc y aller que par groupe de six. Il y aura un marquage au sol pour que les élèves respectent la distance entre eux et un robinet sur deux sera condamné pour les mêmes raisons.
Madame FORTUN pense que l’école ne reprendra pas avant le 14 mai. Il reste de trop nombreux points à régler avec la mairie pour pouvoir envisager une reprise le 12.
Dans les classes, les groupes seront constitués de 10 à 12 élèves de même niveau. Le nombre maximum d’élèves autorisés est de 15, mais école garde une marge de sécurité au cas où un enseignant serait absent. Ces douze élèves iront en récréation ensemble, séparément des autres enfants. Les élèves ne porteront pas de masque, les enseignants devront emporter pendant la récréation et lors des mouvements d’élèves, pas forcément en classe, mais ceci pose problème car la manipulation des masques les rend a priori peu efficaces.
Le temps de cantine s’effectuera dans les classes ou dans le réfectoire si l’organisation le permet (les tables rondes posent problème et on ne sait pas aujourd’hui si le personnel de la mairie sera en capacité de nettoyer le réfectoire).
Madame FORTUN m’a précisé qu’il y aurait suffisamment d’enseignants volontaires pour reprendre l’école mais ne m’a pas dit leur nombre. Le fait de devoir se séparer de leur classe, alors qu’ils ont essayé de garder un lien avec leurs élèves à distance, leur pose problème. Ces derniers réfléchissent donc à une organisation permettant de continuer à donner des activités homogènes à leurs élèves, qu’ils soient présents ou à distance, mais il n’y a aucune garantie aujourd’hui que cela soit possible.
Pour tous les points concernant le personnel de la mairie ou de l’association Léo Lagrange, la réunion aura lieu mercredi ou jeudi. Madame FORTUN n’a donc pas pu me répondre.

Y aura-t-il un accueil périscolaire ?
En principe, l’école s’arrêtera à 16 heures. Mme FORTUN ne sait pas s’il y aura un accueil périscolaire.

Les élèves iront-ils à l’école tous les jours ?
Ceci dépend du nombre d’élèves susceptibles de revenir. S’ils sont trop nombreux, il faudra organiser un accueil à temps partiel, une partie de la semaine seulement. Par ailleurs, Madame FORTUN ne sait pas si la mairie compte pérenniser le dispositif d’accueil d’enfants dans les centres de loisirs, ce qui permettrait à des parents travaillant à temps plein hors de chez eux de faire garder leurs enfants tous les jours.

Quels enfants l’école va-t-elle accueillir priorité ?
Madame FORTUN reconnaît que cette reprise de l’école « pour tous » est une illusion. Elle aurait préféré que l’État agrandisse le dispositif d’accueil des enfants de soignants et de forces de l’ordre existant pendant le confinement aux enfants de parents devant impérativement travailler hors de chez eux. Mais ceci n’a pas été le choix du gouvernement. Ainsi, les directeurs doivent recenser les enfants susceptibles de revenir mais n’ont pas pour consigne de demander aux parents de préciser si ce retour sera impératif ou non. Impossible donc de demander aux parents si ce « oui » est un « oui je n’ai pas le choix » ou « oui ce serait bien, mais je peux attendre si nécessaire ».
L’Inspecteur a indiqué Madame FORTUN qu’elle pourrait proposer à certaines familles d’accueillir leurs enfants tous les jours, même si les autres enfants ne viennent que partiellement. Les enseignants ont pour consigne de reprendre contact avec les familles qui n’ont pas pu suivre correctement l’enseignement à distance pour inciter les enfants à revenir à l’école. Ainsi par exemple, dans la classe ULIS, l’enseignant sera présent à temps plein et il contacte en ce moment les familles des 12 élèves de sa classe pour les convaincre de les faire revenir l’école. Cependant le retour des enfants est conditionné par l’accord des parents. Si ceux-ci ne souhaitent pas, l’école ne peut rien y faire. De même, l’Inspecteur a incité les directeurs à privilégier le retour des enfants en situation de handicap, mais certains cas peuvent poser problème : enfants qu’il faut porter, enfants malvoyants qui doivent toucher les surfaces pour se diriger… dans ce cas, leur accueil ne sera pas possible dans l’immédiat (ainsi, l’école inclusive est l’une des perdantes du COVID). 
Après un premier échange avec ses confrères, Madame FORTUN m’indique qu’il semble y avoir de grandes disparités de réponse des parents selon la localisation de l’école. Schématiquement, dans les écoles bénéficiant du dispositif REP, les parents sont réticents à renvoyer leurs enfants. À l’opposé, des écoles comme La Mutualité auraient un taux de réponses positives proche de 80 %. Si ce constat devait se vérifier à l’échelle nationale, il serait à l’opposé du discours du ministre qui disait vouloir réouvrir les écoles pour les publics les plus éloignés de l’enseignement à distance. 

Pour quelle période la réponse engage-t-elle les parents ?
Les parents vont répondre pour le mois de mai, c’est-à-dire vraisemblablement pour une période d’accueil de 10 jours. Début juin, après que le gouvernement aura précisé l’organisation du déconfinement en analysant l’évolution de l’épidémie, les directeurs d’écoles demanderont de nouveaux aux parents s’ils comptent scolariser leurs enfants en juin. 

Quels rôles peuvent jouer les représentants de parents d’élèves ?
Les instructions de l’Inspecteur de l’Education Nationale sont de consulter les représentants de parents d’élèves une fois les modalités d’accueil fixées dans les grandes lignes. Madame FORTUN pense donc organiser une réunion en effectif réduit et en visioconférence entre elle-même, un représentant de la mairie et deux à trois représentants de parents pour présenter le plan d’accueil et nous consulter sur certains points particuliers. Elle compte notamment sur nous pour l’aider à définir les modalités d’accueil extérieur. En effet, lors de leur arrivée, les groupes d’élèves et de parents ne devront pas se croiser. Les élèves monteront directement dans leur salle après s’être lavés les mains, il n’y aura pas de temps dans la cour. Madame Fortun envisage d’ouvrir plusieurs points d’accueil simultanés (portail côté rue des droits de l’homme et portail du parking enseignants) et proposera des arrivées échelonnées de 5 à 10 minutes.

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